Le changement climatique en Tunisie
Pas la peine de s'attarder sur l'origine du phénomène, l'histoire est déjà connue par presque tout le monde; une croissance exponentielle de l'activité industrielle est responsable d'une importante émission de gaz carbonique. Résultat : un effet de serre qui génère une augmentation du taux de concentration du CO2 dans l'air avec, à la clé, une température élevée qui entraîne un dérèglement général de l'écosystème. Il se trouve que l'une des composantes de l'écosystème, qui est la plus exposée à ce dérèglement climatique, n'est autre que l'environnement aquatique.
L'élévation du niveau de la mer est une des résultantes des changements climatiques. Le Pr. Ali Harzallah, de l'Association tunisienne des changements climatiques et du développement durable, indique : «Contrairement aux idées reçues, l'élévation du niveau de la mer n'est pas imputable à l'effondrement des glaciers des pôles nord et sud mais plutôt au phénomène de dilatation de l'eau».
En ce qui concerne la Tunisie, une récente étude démontre que le niveau de l'eau va augmenter de 50 centimètres d'ici 100 ans. Le golfe de Gabès et la région de Djerba présentent les degrés de vulnérabilité les plus élevés. Des épisodes d'inondations et de fortes périodes de chaleurs sont très probables. Sur une échelle mondiale, les chiffres indiquent une élévation du niveau de l'eau à raison de 33 cm pour la même période.
Les réponses, qui doivent être apportées au niveau local pour parer à ce scénario, seraient, en premier lieu, d'ordre préventif et se concrétiseraient par une diminution de l'émission de gaz à effet de serre. En second lieu, un effort d'adaptation pourrait s'avérer payant. Dans ce cas-là précisément, il serait fondé de penser à une infrastructure qui prendrait en considération ces changements.
Mais les perturbations climatiques ne se limitent pas à faire remonter de quelques dizaines de centimètres le niveau des mers et océans. En effet, les incidences sur l'écosystème touchent la faune et la flore aquatiques. Ainsi, nous commençons, déjà dans notre pays, à apercevoir l'extinction de quelques espèces de poisson (notamment au lac Ichkeul). Lesdits changements frappent de plein fouet la diversité biologique, concourent à son appauvrissement et favorisent une perturbation de la distribution de la faune et de la flore aquatiques et à la formation de zones humides à faible productivité (marais salant et sebkha). L'idéal, évidemment, serrait qu'il y ait des mesures d'ajustement intégrées et une intervention rééquilibrante entre la composante humaine et celle de l'écosystème.